Résidences de tourisme et logements chez les parents et amis : les nouveaux maux de l'hôtellerie

Publié le 03/09/2013 par Daniel DUDREUIL :: Cabinet Licences 4

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Alors que la saison estivale se termine et que les professionnels font leurs comptes, le bilan s'annonce mi-figue mi-raisin avec des dépenses en baisse. La crise économique explique en partie ce résultat. L'autre explication concernerait l'évolution de la demande touristique.

Pour étudier l'évolution de la fréquentation touristique, rien de tel que les chiffres officiels. Ainsi, d'après l'Insee et son analyse annuelle du parc hôtelier, l'offre hôtelière n'aurait pas diminué en huit ans, (entre 2004 et 2012, dates des premières séries statistiques sur le site de la DGCIS (1)) mais aurait même gagné 22 800 lits. En revanche, c'est en termes de parts de marché que l'hôtellerie recule puisqu'elle ne représente plus que 6,1 % des lits du parc hébergement français en 2012 contre 6,9 % en 2004. Et ce ne sont pas les campings qui ont raflé la mise car le parc a également diminué, passant de 15,9 % de parts de marché en 2004 à 13,4 % en 2012. En réalité, ce sont les résidences de tourisme qui sont les grandes gagnantes, avec un gain de 235 100 lits supplémentaires en huit ans et un gain d'un point en parts de marché alors que les chambres d'hôtes, souvent désignées comme des concurrentes directes, occupent une position stable dans le parc des hébergements touristiques avec 0,4 % du marché même si cette catégorie a tout de même gagné 10 000 lits en huit ans.

 Facteurs psychosociaux 

Mais cette évolution de l'offre ne reflète qu'une vision parcellaire de la situation réelle en France. L'analyse de la demande permet de mieux suivre les évolutions comportementales des vacanciers, et en l'occurrence l'enquête Sofres (2) donne des informations plus précises sur le comportement des Français en vacances. Ainsi, sur la période de 2003 à 2011, les Français sont moins allés dans les hébergements marchands, qui ne représentent plus, en 2011, que 34,2 % des nuitées contre 37,4 % en 2003. Et ce, au bénéfice des séjours dans l'hébergement non marchand qui représente, en 2011, 65,8 % des nuitées (contre 62,6 % en 2003). L'hôtellerie a pour sa part été moins fréquentée, (elle perd 1,3 points en termes de nuitées) alors que la fréquentation dans les campings reste stable à 9 %. En revanche, ce sont les locations, gîtes, et autres qui créent la surprise, avec une demande qui a doublé, ne représentant que 8,9 % des nuitées en 2003 contre 16,3 % en 2011.

 

Enfin, contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les séjours en résidences secondaires qui progressent le plus, mais les séjours chez les parents et amis qui représentent 49,5 % des nuitées contre 47,3 % en 2007 (avant le poste n'était pas comptabilisé dans les chiffres clés du tourisme). Toutefois, alors que des facteurs exogènes, comme la crise économique et les diminutions des dépenses, expliquent cette modification de la consommation touristique, l'évolution de la demande vers des hébergements bon marché, voire gratuits (parents et amis), pourrait être aussi liée à d'autres causes. Des facteurs endogènes cette fois, comme le besoin de se retrouver en famille en vacances, l'envie de regrouper la tribu souvent recomposée ou encore des facteurs psychosociaux qui font partie de l'évolution de la société comme le démontrent bien les sociologues Jean Didier Urbain ou Jean Viard. Toutefois, pour redonner le sourire aux hôteliers, on annonce des signes de reprise de l'économie. Bonne nouvelle pour l'hôtellerie qui a donc toutes ses chances de retrouver sa place dans la catégorie des hébergements marchands touristiques en France. 

 

(1) Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services

(2) Enquête SDT - réalisée par la Sofres - menée chaque année sur un échantillon de Français de 15 ans et plus sur des séjours à motifs personnels

 

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