Le ministre de l'Économie attaque Booking en justice

Publié le 28/05/2014 par Daniel DUDREUIL :: Cabinet Licences 4

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Arnaud Montebourg, ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique, vient d'annoncer qu'il a engagé une action devant le tribunal de commerce de Paris contre les clauses de parité tarifaire imposées par Booking dans les contrats conclus avec les hôteliers.

Ces clauses dites de « parité tarifaire » déséquilibrent les relations entre les centrales de réservation et les établissements hôteliers. En effet, elles empêchent aux hôteliers de proposer des tarifs plus attractifs que ceux des centrales de réservation aux clients qui viennent réserver directement auprès de l'établissement hôtelier. Ces clauses interdisent aux hôteliers de consentir des réductions aux clients qui les contactent directement sans intermédiaire. De ce fait, considère le ministre : « les hôteliers perdent ainsi une opportunité de concurrencer Booking et de reprendre le contrôle de la relation avec le client. Ce qui nuit à la fois à la compétitivité du secteur hôtelier, qui est privé d'une possibilité de s'affranchir des commissions versés à Booking, et aux consommateurs qui ne peuvent pas faire jour la concurrence ente les différents canaux de distribution et obtenir ainsi de meilleurs tarifs ».

Arnaud Montebourg déclare qu'il reste particulièrement attentif à ce que soit préservé l'équilibre contractuel entre les plateformes de réservation - permettant une meilleure visibilité à l'international de l'offre hôtelière - et les hôteliers, qui doivent conserver la capacité d'investir dans la modernisation du parc.

Le Groupement national des indépendants (GNI) salue la nouvelle plainte déposée par Arnaud Montebourg. « Cette plainte va dans le bon sens. Une autre solution pourrait consister à interdire ces clauses par la loi. Ce n'est pas la solution retenue à ce jour, mais la justice est en marche », ont déclaré les 3 coprésidents du GNI, Didier Chenet, Claude Daumas et Gérard Guy « Nous voulons rendre aux hôteliers le droit de vendre leur chambre moins cher quand ils sont en contact direct avec leur client sans l'intermédiaire des agences de réservation en ligne, dans l'intérêt commun des hôteliers et des clients. C'est un droit fondamental qui va dans l'intérêt des hôteliers en leur permettant d'échapper aux paiements des commissions exigées par les OTA. C'est également dans l'intérêt des clients qui pourront profiter des meilleurs choix au meilleur prix. »

L'UMIH et le GNC se réjouissent de l'action du ministre de l'Economie qui devrait contribuer à clarifier les relations entre les hôteliers et les centrales de réservation. Pour ces deux organisations professionnelles « du fait de leur taille et de leur domination, les OTA « pèsent», sur la construction du prix des chambres.  Elles annoncent qu'elles proposeront très prochainement un ensemble de mesures pour encadrer les relations contractuelles avec ses acteurs. « Les sites de réservations en ligne nous ont offert une nouvelle visibilité sur le net. Mais on constate un durcissement progressif des relations contractuelles, imposées de manière unilatérale, où l'hôtelier voit son rôle réduit à celui de fournisseur des « supermarchés du web ». Il est temps de rééquilibrer les relations avec les centrales de réservation en ligne pour un partenariat gagnant-gagnant. », concluent Roland Héguy, président confédéral de l'Umih et Laurent Duc président des hôteliers de l'Umih..

 

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