Taxe de séjour : les propos d'Anne Hidalgo créent la polémique

Publié le 15/09/2014 par Daniel DUDREUIL :: Cabinet Licences 4

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Les déclarations d'Anne Hidalgo, sur le taxe de séjour ce mardi 9 septembre, continuent d'alimenter la grogne des professionnels. La maire de Paris a en effet indiqué travailler avec le Premier ministre au relèvement de la taxe dans la capitale et vouloir s'attaquer plus particulièrement aux cinq étoiles et catégorie luxe. 

L'Umih a immédiatement réagi à ces propos en adressant un courrier à Manuel Valls et à Laurent Fabius. Le syndicat de la rue d'Anjou n'a pas caché son mécontentement et sa stupeur.  « Nous découvrons avec stupéfaction les dernières déclaration de Madame le maire de Paris qui, une semaine après avoir annoncé travaillé avec le Gouvernement sur une taxe sur la « grande hôtellerie », surenchérit en déclarant travailler sur l'hypothèse d'une taxe, qui ne touche pas les hôtels à moins de 100 euros la chambre. »(…) « Sur la forme, faut-il croire avec ces déclarations que la concertation à laquelle nous sommes associés est un leurre ? Tout serait en fait déjà décidé d'avance ? Lors de la discussion du projet de loi de finances rectificatives pour 2014, nous avions dénoncé la méthode utilisée et l'absence de concertation avec les professionnels du secteur. L'histoire semble se répéter : tout serait décidé avant les conclusions des travaux menés par le Quai d'Orsay dont le calendrier est pourtant fixé. Sur le fond, nous sommes extrêmement inquiets sur la méconnaissance totale d'Anne Hidalgo sur l'industrie du tourisme et sur la réalité économique de nos entreprises car, en appelant à taxer les hôtels à plus de 100€ la chambre, la maire de Paris ne vise plus seulement la « grande hôtellerie ». La quasi-totalité des hôtels parisiens seraient concernés. En effet, à Paris, le prix moyen d'un hôtel de milieu de gamme s'établit à environ 130 €  et les hôtels économiques sont aux alentours de 100 € (source In Extenso Deloitte). »  Le Groupement national des indépendants (Synhorcat, Fagiht et CPIH) vient à son tour de faire paraître un communiqué. 

« Le GNI dénonce à nouveau, la méthode déloyale employée qui consiste à passer outre Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères et du Développement à l'international précisément nommé par le gouvernement pour conduire la concertation avec les professionnels.  Le sujet devient polémique aussi sur le fond. En effet, Anne Hidalgo cite pour seules recettes touristiques les 42 millions de taxe de séjour collectés auprès des hôteliers parisiens. Or, c'est oublier que Paris capte la très grande part des 40 milliards d'euros de consommation réalisés par les touristes dans la région. C'est oublier de même que les hôteliers s'acquittent auprès de la Ville des taxes locales foncières, taxes de droit de terrasse, taxes sur la publicité extérieure et les enseignes, cotisation foncière des entreprises…  Enfin, il convient de rappeler que les 60 hôtels 5 étoiles et palaces ne représentent que 3.5% du parc hôtelier parisien ! Comment pourront-ils à eux seuls remplir les caisses vides de la Mairie ? Compter seulement sur la contribution des riches touristes étrangers, capables de payer des suites à plusieurs milliers d'euros, est un procédé plus que réducteur. » (...) « La taxe de séjour c'est la partie émergée de l'iceberg fiscal : mises aux normes règlementaires, commissions exorbitantes payées aux agences de réservations en ligne (OTAs), concurrence déloyale des meublés touristiques. Une augmentation pour les 5 étoiles et les palaces mettrait en péril définitivement la montée en gamme de nos hôtels. Il faut savoir qu'en l'espace de seulement dix ans, les hôteliers espagnols ont doublé le nombre de leurs chambres 4 et 5 étoiles. Ce qui n'empêche pas que leurs chambres soient en moyenne 14% moins chères que les nôtres » 

 

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