Réforme du baccalauréat technologique : l'Aflyht et l'Anephot témoignent

Publié le 12/01/2015 par Daniel DUDREUIL :: Cabinet Licences 4

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L'Aflyht, qui regroupe 250 établissements scolaires, et l'Anephot, qui fédère 70 établissements scolaires privés sous contrat, réagissent aux contestations faites sur la réforme de la série technologique hôtellerie.

"Nous sommes favorables à cette réforme que nous attendons depuis au moins cinq ans. Seuls en France, 82 établissements sont touchés par cette réforme. Et nous pouvons constater ici qu'après huit jours d'agitation, seul un établissement sur 82 a choisi le blocage de la réforme, les autres ayant préféré la voie de la négociation afin d'améliorer quelque peu cette réforme proposée par le Ministère.

Pourquoi sommes-nous favorable à cette réforme ?

Premièrement, elle n'a que trop tardé. Nous avons perdu au moins cinq ans empêchant ainsi nos élèves de seconde, comme tous les autres élèves de seconde en France, d'avoir des choix les plus ouverts possibles à la fin de leur seconde.

Nos élèves et leurs parents n'ont-t-ils pas comme les autres élèves de France le droit à l'erreur d'orientation et devons-nous dans ce cas les faire redoubler lors d'une réorientation ? Est-ce cela que veulent nos élèves et leurs parents ? Ne pas avoir un véritable choix d'orientation à l'issue de la seconde comme les autres français ?

La non-réforme aujourd'hui de la série Technologique de l'Hôtellerie Restauration entrainera inévitablement sa disparition à moyen terme au profit des Baccalauréats Professionnels et des MAN. Ce serait alors la paupérisation des choix offerts aux parents et aux élèves en fin de troisième pour entrer en Hôtellerie Restauration. En effet, ils n'auraient plus le choix qu'entre : la voie professionnelle ; la voie générale et Technologique hors Hôtellerie plus une MAN. La voie technologique n'existant plus ! La disparition de cette voie d'orientation suite à l'abandon de la réforme prévue actuellement entraînerait également la perte de bon nombre de postes Certifiés de cuisine, de services, économie-gestion, sciences appliquées, français et histoire-géographie au profit de postes d'autres catégories.

Est-ce cela que veulent les enseignants de Toulouse ? Leur disparition ?Cette réforme ne détruira pas l'efficacité d'un outil de formation très performant. Nous ne pouvons pas laisser nos élèves en dehors de la réforme des lycées engagée depuis 2010 sous peine de les marginaliser. Il ne suffit pas de penser qu'aux gros établissements scolaires du secteur. Dans le cadre d'une politique de territoire, les petits établissements ont aussi le droit et le devoir de vivre et de survivre. 

Il est faux d'écrire que la réforme remet en cause les Travaux Pratiques. Un volume complémentaire d'heures afin d'organiser des dédoublements donc des TP est prévu dans la grille horaire de la réforme. A chacun dans son établissement, au nom de leur autonomie, de s'organiser avec ce complément horaire pour faire exister des TP. On peut en revanche, redire au Ministère et négocier avec lui, comme nous avons commencé à le faire le 11 décembre 2014, que cette enveloppe est insuffisante. Cela fait partie de la marge de négociations plutôt que de tout remettre en question. L'AFLYHT et l'ANEPHOT ont proposé que ce volume horaire passe de 13 à 16 heures pour 29 élèves comme c'est déjà le cas dans les séries STI2D et STL rénovées. Ainsi, nos élèves seraient à égalité de TP avec ces deux séries semblables au niveau groupes. Ceci est une véritable négociation.

Les stages sont effectivement réduits et particulièrement en seconde.  Ceci est l'effet de la seconde indifférenciée de la réforme des lycées qui doit permettre un large choix d'orientation à nos élèves en fin de seconde. Doit-on enfermer nos seuls élèves dans un carcan dès la sortie de troisième ? Là encore, nous pouvons faire des propositions. La suppression des 10 jours filés au profit d'une semaine supplémentaire de stage : ceci permettrait à nos élèves durant leurs 3 semaines de stage de faire, par exemple : une semaine en cuisine ; une semaine en services ; une semaine en hébergement. Et d'appréhender ainsi complètement la réalité de l'Hôtellerie Restauration. 

Il est complètement faux de dire que la réforme entraînerait la disparition de la MAN. A chaque discussion avec le Ministère que nous avons depuis cinq ans, il a toujours été dit et répété que nous tenions à cette MAN. Le Ministère nous a toujours rassurés sur ce point. Pourquoi faire peur aux gens en annonçant des contre-vérités ? La Seconde prévue par la réforme est bien une seconde spécifique même si elle l'est moins qu'auparavant. En effet, nous aurons la seule filière technologique avec des stages et la seule seconde avec autant d'heures d'enseignements professionnels de notre spécialité. 

Avant de conclure, nous tenons à préciser que les enseignants n'ont pas appris par la presse la réforme mais par le site officiel du Ministère EDUSCOL. Si nous obtenons l'augmentation du volume horaire complémentaire, les enseignants de cuisine ne seront pas lésés mais y gagneront. Nous voudrions également rappeler que le Bac technologique n'est pas un diplôme professionnalisant mais un sésame pour l'entrée dans le Supérieur. Un élève qui vient en bac technologique pour entrer dans le monde du travail après son Bac se trompe de filière et il faut le lui dire et le réorienter vers un des deux bacs professionnels de notre filière. 

En conclusion, cette réforme peut être améliorée sur quelques points. Elle ne demeure pas moins une bonne réforme nécessaire tout de suite sous peine de disparition de la série technologique hôtelière. Cette réforme qui mènera nos élèves aux études supérieures permettra, nous l'espérons, une meilleure formation des cadres de l'Hôtellerie Restauration de demain : Ce dont notre pays a besoin."                   

 

Cyrille Jeannes, président de l'Aflyht, et Joseph Le Gal, président de l'Anephot

 

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