La RHD en France au deuxième trimestre : stable en dépenses mais en perte sur les visites

Publié le 19/10/2015 par Daniel DUDREUIL :: Cabinet Licences 4

conjoncture-licences4

Selon le panel consommateur CREST, le marché de la restauration hors domicile en France a été stable en dépenses et a perdu 1% en visites.

Avec les prévisions de croissance plutôt modestes (+1% de croissance du PIB prévu pour la fin d'année 2015) et un chômage encore important (10% de la population active), la France ne montre pas encore une réelle reprise économique. Au deuxième trimestre le PIB progresse de +0,3%, après un bond de +0,6% au premier trimestre 2015. Du côté des bonnes nouvelles l'inflation quasi-absente et une augmentation des salaires créent un certain effet positif sur le pouvoir d'achat. Ainsi, la consommation des ménages a été plus dynamique au premier semestre de cette année. Toutefois, la confiance des consommateurs ne progresse pas car les Français restent assez sceptiques quant aux prévisions. 

Selon le panel consommateur CREST, la restauration rapide et la restauration à table ont toutes les deux souffert en perdant 1% en visites ce premier trimestre. Les dépenses totales de la restauration à table ont baissé de 1%, la restauration rapide était à 0%. Le segment retail et les cantines ont également perdu 1% en visites.

Sur le 2er trimestre le déjeuner - le moment clé en France – continue à perdre en visites. Il a ainsi affiché une baisse de 2% en visites, impacté principalement par une fréquentation négative dans les Cantines (à cause du chômage longue durée) et les GMS/Proxi.

Le dîner a aussi perdu en visites, à cause de la baisse de fréquentation en restauration rapide et à table et aussi dans le segment GMS/Proxi. Le matin baisse légèrement sur le marché, mais montre une progression en restauration rapide et dans les GMS / Proxi. Le petit-déjeuner reste une tendance qui se développe sur le marché français, avec les offres des boissons gourmandes et des snacks.  La consommation dans l'après-midi a été également dynamique ce trimestre, principalement grâce au beau temps et aux cafés bars brasseries avec leurs terrasses.

La restauration à table a perdu 1% en visites. Les visites de l'après-midi ont été dynamiques, mais n'ont pas pu compenser les importantes pertes en visites au déjeuner et au dîner.  Les chaînes ont mieux performé globalement par rapport aux indépendants. Les visites du week-end étaient plus dynamiques pendant ce trimestre – les consommateurs ont retrouvé le goût des sorties après les évènements tragiques du début d'année (Charlie Hebdo).

La restauration rapide traverse une période difficile en Q2'15 et affiche -1% en visites, principalement à cause de la baisse du snacking de l'après-midi et du dîner. Les acteurs clés (les Fastfood, les Pizzas à emporter, les traiteurs asiatiques) ont perdu en fréquentation sur le dîner. Les Burgers sont aussi en difficulté aujourd'hui et continuent à perdre des visites depuis la fin 2014. Ce segment subit un désamour des consommateurs face à l'arrivée d'une concurrence nouvelle de la part des chaînes de Fast casual.

Le retail a baissé sur le déjeuner (probablement affecté par la tendance des déjeuners préparés maison – le casse-croûte), mais a résisté sur le total journée, grâce notamment au dynamisme du matin et de l'après-midi.

En dépit des effets positifs des prix bas du pétrole sur l'économie et les investissements en progression, la France reste prudente sur ses perspectives de croissance. Les difficultés de la zone euro et l'endettement de la Grèce restent une source d'incertitude. Les intentions de recrutement des entreprises sont encore faibles et avec le problème du chômage toujours présent en France, la population préfère économiser plutôt que dépenser. Au 2ème semestre les consommateurs seraient potentiellement encore plus prudents dans leurs dépenses, y compris dans la restauration. Ils dépenseraient soit pour les visites fonctionnelles (comme le déjeuner), soit pour les visites qu'ils perçoivent comme apportant un vrai plus – un goût exotique, un plat exceptionnel ou des produits bons pour la santé. L'amélioration de la situation dans la zone euro pourrait avoir un effet bénéfique sur l'économie française, et, par la suite, sur le marché de la restauration. (Source : NPD Group).

 

  Actualités 2015