Manuel Valls veut favoriser l'embauche des jeunes en taxant les CDD : les organisations professionnelles y sont farouchement opposées

Publié le 14/04/2016 par Daniel DUDREUIL :: Cabinet Licences 4

professionnel-licences4Nouvelle grogne des organisations professionnelles après l'annonce, hier, de Manuel Valls, de taxer les CCD pour favoriser l'embauche des jeunes en CDI.  « Chaque semaine apporte son lot de nouvelles taxations ou de nouvelles contraintes réglementaires pour nos professionnels. Nos TPE, nos PME vont servir de variables d'ajustement pour résoudre le conflit avec une partie de la jeunesse. Surtaxer les contrats courts ne transformera pas un CDD en CDI mais au contraire augmentera le coût du travail, fragilisera les entreprises et freinera leur capacité à embaucher » a réagi l'Umih. Son président confédéral, Roland Héguy, dénonce un dispositif à l'opposé des réalités du terrain. « Ce n'est pas en surtaxant les contrats de travail que l'on va créer de l'emploi pour nos jeunes. Les pouvoirs publics se trompent. Dans nos professions, imposer une taxe supplémentaire ne transformera pas un CDD en CDI. Au contraire, il éloignera encore plus les jeunes  du marché de l'emploi » estime-t-il. A la CGPME, c'est l'indignation. « Ainsi après avoir renoncé à donner davantage de visibilité aux employeurs en plafonnant le montant des indemnités allouées en cas de licenciement considéré sans cause réelle et sérieuse, le Premier Ministre n'hésite pas à pénaliser financièrement la majorité des créations d'emplois qui se font aujourd'hui à plus de 80% en CDD. Au lieu de s'interroger sur les raisons qui poussent les employeurs à embaucher en CDD et de regarder comment les inciter à préférer les CDI, le gouvernement choisit la voie de la sanction financière.  Les mêmes causes produiront les mêmes effets : la taxation des CDD décidée en 2013 n'a en rien enrayé le phénomène CDD mais a, sans aucun doute, contribué à dégrader plus encore le marché de l'emploi. En juin 2015, le gouvernement avait pourtant assoupli les conditions de renouvellement de ces CDD qu'il veut aujourd'hui taxer davantage !  Quant à imaginer, comme l'entend Matignon, que les partenaires sociaux "définissent  le barème et le champ d'application de cette surcotisation au travers d'une augmentation de la cotisation chômage", la CGPME refuse  d'être complice de ce coup de poignard porté dans le dos des entreprises. » La Confédération a d'ores et déjà annoncé qu'elle pourrait quitter la table des négociations en cours sur l'assurance chômage.

 

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