Emmanuel Macron débat avec 10 chefs lauréats de la dotation Gault&Millau

Publié le 31/05/2016 par Daniel DUDREUIL :: Cabinet Licences 4

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C'est à un dîner de travail, à l'initiative de Côme de Chérisey, Directeur Général de Gault&Millau, que le ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique a convié 10 jeunes chefs d'entreprise afin de débattre des conditions de réussite de l'entrepreneuriat en restauration.

Inviter des jeunes qui viennent de monter leur affaire à rencontrer le ministre de l'Economie, c'est une idée de Côme de Chérisey, directeur général de Gault&Millau, qui a séduit Emmanuel Macron. Sauf que ces jeunes patrons, tous lauréats de la dotation, donc de tout jeune patron, avaient bien l'intention de profiter de cette rencontre inédite pour évoquer également les problèmes, tracasseries administratives, soucis en tout genre qui sont inhérents à la création d'entreprise dans notre pays. Et c'est ce qu'ils ont fait avec courtoisie et franchise lors du dîner organisé au 7ème étage du ministère, sous la houlette du chef des cuisines de Bercy, Bruno Gricourt

Les heureux élus : Julien Binz, restaurant Julien Binz à Ammerschwihr, Nicolas Bottero (ouverture prévue fin 2016 dans les environs d'Aix-en-Provence), Benjamin Collombat, Le Jardin de Benjamin, Château de Berne, Valérie Costa, La Promesse à Oulioule, Aurélien Crosato, Soléna à Bordeaux, Gaétan Gentil, Le Prairial à Lyon, Maximin Hellio, Restaurant Maximin Hellio, à Deauville, Jérémy Morin, L'Aparté à Toulouse, Stéphane Pitré, Restaurant Louis à Paris et Yoni Saada, Le Bagnard à Paris.

Extraits : 

« Ce n'est pas la marchandise qui coûte cher, c'est l'emploi. Quand on veut faire du gastro, on a besoin de plus de personnel. Il faut aider ceux qui créent vraiment des emplois. Faire que plus on embauche, plus on est aidé ».

« On n'arrive pas à rémunérer notre personnel à leur juste valeur. Ils nous ont suivis dans notre projet. Ils donnent beaucoup mais on n'y arrive pas »

« On voudrait embaucher mais on n'a pas de visibilité à long terme. »

« Il faut alléger les charges »« Pourquoi ne pas baisser les charges en fonction  du nombre de salariés ? »

« Il y a beaucoup de gens qui travaillent quelques mois et qui se mettent au chômage »

« Il faudrait déjà que les gens consomment. Or la restauration fait partie des loisirs pour les Français ». « Les gens n'ont plus de cash. Il faut leur rendre du pouvoir d'achat ».

« Il faut valoriser l'artisanat. Nous avons un vrai savoir-faire. Or nous sommes taxés comme ceux qui ne produisent rien et ne font que réchauffer ».

« Je me confronte à la difficulté de financer mon nouveau projet. Les banques ont perdu le sens de l'humain. On doit rentrer dans une case ou un tableau sinon, elles refusent. » « Les banques ne font pas leur boulot ».

« Il y a toute une paperasserie qui n'est pas dématérialisée. Il faudrait simplifier tout ça »

Réponses d'Emmanuel Macron

Sur le pouvoir d'achat : « J'entends le sujet « pouvoir d'achat ». Ces dix dernières années, nous avons augmenté les salaires beaucoup plus que nos voisins européens. Notre priorité aujourd'hui doit être l'investissement des entreprises, l'emploi et la formation des salariés ». « Le pouvoir d'achat ne se décrète pas.». 

Sur les charges : « Les charges des entreprises ont baissé grâce au CICE et au Pacte de responsabilité. Concrètement, le CICE est une baisse des charges qui représente 6% de la masse salariale ».

Sur les banques : « L'accès au crédit est un sujet de préoccupation. Les contraintes réglementaires ont été renforcées après la crise financière, mais elles peuvent conduire aujourd'hui à freiner le financement de certaines entreprises, surtout les plus petites, et donc, par conséquence entraver l'entrepreneuriat. Nous avons déjà mis en place des dispositifs de soutien à la création d'entreprise à la BPI et des outils ciblés sur la restauration afin de lever ces blocages. Je suis preneur de vos réflexions sur ces dispositifs ». 

Sur l'emploi : « Vous faites un métier qui est une vocation mais c'est aussi un métier difficile, pour lequel il est plus dur d'attirer les jeunes. Ce n'est pas un hasard, quand on parle d'emplois non pourvus qu'il y en ait beaucoup dans votre secteur, comme dans le bâtiment par exemple.»  « Le défi est de redéfinir l'équilibre du système pour qu'il garantisse des sécurités individuelles tout en incitant au retour à l'emploi. »   

 

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