Selon KPMG, l'hôtellerie française s'enfonce durablement dans la crise

Publié le 22/09/2016 par Daniel DUDREUIL :: Cabinet Licences 4

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Après une année 2015 mitigée, l'hôtellerie française va subir en 2016 un recul sans précédent, estime le bureau d'audit.

Alors que l'année 2016 n'est pas encore terminée, les perspectives pour l'hôtellerie française sont bien sombres, a affirmé le cabinet d'audit KPMG lors de la présentation de son étude L'industrie hôtelière française en 2016, le 20 septembre. Depuis les attentats du 13 novembre, l'hôtellerie a connu une chute importante de fréquentation, qui s'est amplifiée au cours de l'année 2016. "La coupe d'Europe n'a pas eu les effets de relance attendus", explique Stéphane Botz, responsable du pôle Real Estate & Hotels de la branche française de KPMG. La compétition sportive n'a pas suffi à relancer la fréquentation et à faire revenir les étrangers, en baisse de 8 % dans l'hôtellerie en général (principalement à Paris). Pour sauver la saison, les hôteliers ont diminué de façon drastique leurs prix moyens, notamment à Paris en Provence-Alpes-Côte d'Azur (qui représentent 45 % du chiffre d'affaires du tourisme). 

Car, au-delà du contexte sécuritaire, s'est ajouté le phénomène des hébergements alternatifs (Airbnb et résidences de tourisme), qui a un impact évident sur les hôtels : "Toutes les catégories sont concernées. Ce qui devient très préoccupant, c'est que le phénomène touche maintenant la clientèle d 'affaires", précise Stéphane Botz.

Des conséquences sur l'attractivité des investissements

Face à ces phénomènes à la fois conjoncturels et structurels, l'hôtellerie française commence à être regardée avec moins de gourmandise par les investisseurs, après une année 2015 record en la matière (22 milliards d'euros d'investissements hôteliers en Europe , dont 2,2 milliards en France). 

"Les élections présidentielles de 2017, l'augmentation des structures hybrides et l'état d'urgence poussent les investisseurs à se recentrer sur des transactions raisonnées, refusant de payer le prix fort", ajoute Stéphane Botz. Paris (où sont réalisées 76 % des ventes) reste cependant une ville attractive "essentiellement parce qu'elle est sous-cotée", poursuit-il.

 

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