L'industrie hôtelière française connaît un rebond en 2017

Publié le 28/09/2017 par Daniel DUDREUIL :: Cabinet Licences 4

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Basée sur l'analyse des résultats de quelque 3 000 établissements, l'étude publiée par KPMG fait état d'un affaiblissement de la fréquentation en 2016, mais se veut optimiste pour 2017.

"Les attentats de Paris et Nice ont entraîné un climat d'insécurité pour le tourisme en France. On a pu constater un repli notamment de la clientèle asiatique, qui ne comprenait pas la notion d'état d'urgence. Pour elle, c'était comme un état de guerre…" Stéphane Botz, associé KPMG et responsable du secteur tourisme, hôtellerie, loisirs, nuance toutefois son propos en soulignant que "les huit premiers mois de l'année 2017 montrent une reprise de la fréquentation touristique domestique et étrangère, en particulier en Île-de-France qui gagne 6 points de taux d'occupation au premier semestre selon l'Insee". Ce "rebond de l'activité touristique" fait partie des données issues de la 40e édition de l'étude KPMG consacrée à l'industrie hôtelière française, qui vient d'être publiée. De même source et tout aussi encourageant : le maintien de l'intérêt des investisseurs pour le marché hôtelier français. Même en 2016, le total des transactions hôtelières européennes a dépassé les 18 milliards d'euros. Un chiffre certes en chute de 18 % par rapport à 2015, "mais cette baisse est due essentiellement à une diminution des transactions de portefeuilles", explique Stéphane Botz.

Un RevPAR en baisse, à l'exception du segment 3 étoiles

Si l'année 2016 a été marquée par un revenu par chambre disponible (RevPAR) en baisse dans toutes les catégories d'hôtels, à l'exception du segment 3 étoiles (+ 4 %) soutenu par une progression du prix moyen en région, en 2017 le retour à la normale est plus lent. "C'est la conséquence de la guerre des prix entre les différentes places européennes", observe Stéphane Botz. À cela s'ajoutent la concurrence de la plateforme Airbnb et, dans une moindre mesure, l'émergence des auberges de jeunesse modernisées, conçues pour séduire aussi bien les millennials que les familles. "Les hôteliers ont été confrontés à une diminution de leur activité commerciale en 2016, conjuguée à la difficulté de baisser des niveaux de charges déjà contractés depuis plusieurs années." Malgré cela, les signaux sont au vert pour 2017 et même au-delà. "La dynamique devrait se poursuivre avec la perspective des Jeux olympiques en 2024", conclut le consultant. Stéphane Botz voit même plus loin encore, avec l'Exposition universelle de 2025 : "La France et le Grand Paris sont sur les rangs pour organiser et accueillir l'événement."

Les palaces à la loupe

Pour sa 40e édition, l'étude KPMG sur l'industrie hôtelière française propose un zoom sur la situation des 24 palaces recensés à travers l'Hexagone. Selon cet observatoire des palaces, ces établissements de luxe accueillent 80 % de clientèle étrangère. Autre constat : en 2016, le prix moyen d'une nuit dans un palace parisien était de 970 € HT, alors qu'il atteignait 1 360 € HT sur la Côte d'Azur. Quant au taux d'occupation, si celui-ci s'élevait à près de 80 % en 2014, deux ans plus tard, après la vague d'attentats, ce taux est passé à 56 % en moyenne en France - la baisse de la fréquentation des établissements parisiens ayant atteint les 54 %. Mais avec l'actuel retour de la clientèle étrangère, notamment dans la capitale, 2017 devrait être l'année de la reprise pour les palaces, selon KPMG.

 

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