Le retrait des pré-enseignes en zone rurale fait chuter de 25 à 40% les chiffres d'affaires

Publié le 01/03/2018 par Daniel DUDREUIL :: Cabinet Licences 4

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La redynamisation des territoires ruraux passera un retour des pré-enseignes dérogatoires selon l'Umih et Les Logis qui lancent l'opération S'afficher, c'est exister.

Des chiffres d'affaires ont chuté de 25 à 40%, certains établissements ont licencié, d'autres ont fermé définitivement dans plusieurs départements ruraux depuis la mise en oeuvre, le 13 juillet 2015, de l'arrêté ministérielle interdisant les pré-enseignes hors agglomération et dans les agglomérations de moins de 10 000 habitants (Grenelle 2). Une hérésie, dénoncent l'Umih et la Fédération Internationale des Logis (Fil) dont les adhérents situés dans des lieux reculés ont perdu toute visibilité aux yeux des conducteurs de passage. Les Logis ont été créés en 1948 pour redynamiser les territoires, rappelle Fabrice Galland, le président de la Fil qui s'est exprimé la semaine dernière dans une tribune sur le site de l'Hôtellerie-Restaurant sur les enjeux des pré-enseignes dans l'activité des zones rurales. Aujourd'hui, les deux organisations professionnelles ont décidé de lancer à l'échelon nationale la campagne initiée par l'Umih 45 et son président Gilbert Guttin : 'S'afficher, c'est exister' destinée à sensibiliser les élus, les pouvoirs publics mais aussi le grand public sur la nécessité de rétablir les pré-enseignes dites dérogatoires. « Dans le Loiret, les verbalisations se sont un peu calmées depuis que nous avons alerté les députés et les sénateurs, avec des exemples précis et chiffrés, des dommages causées par la mesure. Tout le monde est d'accord qu'il faut trouver une solution ». L'affiche de la campagne a d'ailleurs été réalisée avec la Direction Régionale du Tourisme. 

Une information de proximité nécessaire

Jean-François Blanchet, président de l'Umih 47 et président des Logis du Lot-et-Garonne, déplore aussi les effets catastrophiques du dispositif pour les petites communes de son département. Un village perché en hauteur, la route nationale qui passe en contrebas et aucun moyen de signaler la présence d'une auberge, d'un petit restaurant…  Des touristes étrangers qui arrivent tard et qui ne trouvent pas dans la nuit l'hôtel dans lequel ils ont pourtant réservé sur internet, faute de signalisation. « Cela mécontente tout le monde, y compris les touristes ». Philippe David, président de l'Umih 72, constate lui-aussi d'importantes baisses de fréquentation au sein de ses adhérents directement liées au retrait des panneaux. Jean-Marc Banquet d'Orx, trésorier national de l'Umih et président de l'Umih 77, est également inquiet. « On ne trouve pas tous les établissements grâce aux GPS, même en Seine-et-Marne, qui est le département le plus rural d'Ile-de-France et pourtant si proche de la capitale ». Même sentiment chez Nicolas Vion, président de l'Umih Guadeloupe, face à l'absurdité de cette loi qui vise à combattre la pollution visuelle : « Indiquer un établissement dans une zone rurale doit être considérée comme une information de proximité. Hors, on va laisser des panneaux 4 par 4 qui vantent tel ou tel produit commercial, et ce qui peut être pratique et utile aux territoires, on le retire ». Le 9 avril, l'Umih organise à Rodez les premières assises de la ruralité. « Il faut pouvoir remettre certaines enseignes au bord des routes. Cette réglementation, on le voit, impacte directement l'activité locale,  pénalise nos zones rurales déjà fragilisées. Nous demandons, comme c'est aujuord'hui le cas pour les activités de fabrication ou de vente de produits du terroir, l'autorisation pour les hôtels et les restaurants qui participent fortement à l'attractivité touristique, d'utiliser les pré-enseignes dérogatoires pour se signaler.  La France s'est donnée pour objectif d'accueillir 100 000 millions de touristes en 2020. Mais les parts de marché du tourisme, nous allons les gagner dans la ruralité » estime Roland Héguy, président confédéral de l'Umih. "Supprimer les pré-enseignes, résume Fabrice Galland, c'est tout simplement nier leur droit d'exister et de commercer". L'opération S'afficher, c'est exister, est soutenue par l'Association des Maires Ruraux de France (AMRF)? Son président, Vanik Berberian, maire de Gargilesse-Dampierre, ajoute : « Entre le capharnaüm des enseignes et le désert informatif, il existe certainement un juste milieu qui concilie esthétique des entrées des communes et informations utiles au public. En interdisant les pré-enseignes pour les communes de moins de 100 000 habitants, le législateur organise la discrimination commerciale au détriment des commerces ruraux ». Un dépliant reprenant les principaux éléments du dossier va être adressé à plus de 1000 élus : présidents de région, de départements et parlementaires, et à plus de 10 000 maires ruraux via le réseau de l'AMRF. Des propositions faites par l'Umih vont être également portées par plusieurs députés dans le cadre du PACTE.

 

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